Salut tout le monde,

Je suis de retour à Niamey, après un voyage en deux temps :

Je prenais le car le 1er au soir pour quitter Lomé et rejoindre Niamey. C’est sur le trajet qu’il m’est arrivé un truc pas terrible : la frontière avec le Bénin est à quelque 60 km de Lomé. À chaque frontière c’est le même système : vous descendez du bus avant la frontière, vous passez tous les deux postes et le “no man’s land” en fait très peuplé qui les sépare, et le bus fait le même trajet à vide, pour vous reprendre de l’autre côté. En général il klaxonne deux ou trois fois si ce n’est plus, pour rappeler les retardataires et dire qu’il s’en va. Les retardataires en question sont en train d’acheter de la nourriture, des produits frais ou n’importe quoi d’autre, puisqu’on vend de tout.

Vous imaginez la suite… Cette fois-ci le retardataire c’était moi : j’avais acheté à manger (c’était plus ou moins l’heure du dîner) et étais en train de payer une bouteille d’eau (500F) avec un billet de
5000F (j’avais sûrement besoin de monnaie pour la suite du voyage). La fille qui vendait ça a mis une plombe pour me rendre la monnaie, en rendant plusieurs fois de manière incomplète, je devais lui montrer à chaque fois que le compte n’y était pas, etc. Sur ce, viennent les coups de klaxon. Un coup puis deux autres, les deux salves bien plus rapprochées que d’habitude. Ensuite le mec est parti sans crier gare, me laissant seul comme un con sur le carreau.

Bref, ensuite plusieurs pistes ont été explorées par votre serviteur :
1) Filer en taxi ou zemidjan (= taxi-moto) pour tenter de rattraper le car. Or ce dernier file à 110 à l’heure, peu de chance de le rattraper en moto. En plus il faisait nuit et la route n’est pas trop sûre, en plus plein de cas de détroussement (détroussage ?) avec parfois meurtre sont rapportés dans la région, perpétrés par des Nigérians (le Nigéria est voisin du Bénin), et la nuit est propice à
ce genre d’histoires.
2) Appeler le prochain poste de douane pour leur dire d’arrêter le car le temps que je les rejoigne, mais connaissant les mecs de la compagnie de car et leur réputation de rapidité, il était peu probable qu’ils acceptent de poireauter pour ma poire. Je me serais donc retrouvé le bec dans l’eau à l’autre poste de douane, en devant chercher où dormir et en ayant payé le transport jusque là
3) Rebrousser chemin et rentrer à Lomé, ce que j’ai fait. Je repars donc par la même compagnie le soir même (1er janvier, beau début pour l’année 2007), en m’étant assuré que mes bagages seraient gardés là bas à Niamey.

Résultat des courses : une excursion “W” avec Marie-Françoise et sa famille tombait à l’eau pour moi puisque je ne serais à Niamey que le surlendemain à une heure avancée de l’après-midi, mais en même temps je vais pouvoir (devoir…) consacrer mon temps (jeudi à dimanche) à la préparation de mon cours d’anglais, ce n’est pas si jojo que ça de me dire que je vais travailler tout seul dans mon coin pendant quatre jours à préparer un truc un peu dans le vague (incertitude totale quant au niveau de langue des participants, liberté totale dans la construction de mon “cours”, etc)… Bref, je sens que je vais encore passer la moitié du temps à travailler, l’autre moitié à penser à mon retour en France…

En cette période de fêtes, chose promise, chose due : vous allez pouvoir gratifier vos feuilles de ce son nigérien, en direct de Niamey. Derrière les micros, j’ai nommé le groupe “Bagzam”, deux lascars (Kader & José) qui sont devenus des amis, rencontrés au CCFN (Centre Culturel Franco-Nigérien) de Niamey.
Bonne écoute !

Premier morceau

Et le second !

Bonjour,

Je pars prendre quelques jours d’un relatif repos à Lomé. Je rentre le 4 janvier à Niamey. Je vous souhaite à tous de passer de bonnes fêtes de fin d’année, etc.

À la revoyure !

Sans commentaire : JB dans ses oeuvres…

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Salut tout le monde !

Je poste un peu de mes nouvelles après cette longue absence. Si je n’étais pas très bavard c’est parce que j’ai eu un emploi du temps très chargé, notamment avec mon cours “Introduction à l’architecture des ordinateurs et des systèmes d’exploitation”, que je donne à des élèves de première année dont la plupart n’a pas la moindre idée de ce qu’est un ordinateur. Quelques-uns en avaient déjà utilisé un avant, occasionnellement (cybercafé), c’est dire à quel point je prêche dans un océan de virginité.

En ce moment même mes chers étudiants (ils sont 16 en tout, aujourd’hui 14 dont quatre filles - 3 voilées strictement et une qui ne l’est pas) sont devant moi, en train de plancher sur un exo simple : schéma de l’additionneur 1 bit avec 5 portes logiques. Bon, je n’écris pas tout mon article pendant mon cours, c’est seulement ce paragraphe, hein :-)

Bon alors récapitulons : je vous avais laissé au début de mon cours (rentrée des L1 info, le 4 décembre dernier). La semaine s’est passée à travailler avec eux. Ce n’est qu’à la fin de la semaine que, dans ma salle de cours qui est aussi un cimetière d’ordinateurs, j’ai montré aux étudiants ce qu’on pouvait faire avec un ordinateur : naviguer sur Internet et faire du traitement de texte, par exemple. Mais c’était un bref intermède avant de ré-enchaîner, cette semaine, avec un cours de premier niveau d’architecture, fonctions booléennes et compagnie. Alors ils en ont redemandé et on a fait un mini-TP “manipulation de la souris” ce mercredi soir. Je dis ça et ça me fait rire, mais ce n’est pas loin de la réalité : j’ai constaté que la fille qui manipulait mon portable, connecté au vidéoprojecteur, était dans un état de découverte totale du clavier et de la souris.

Bref…

Le week-end précédent a été long, je suis allé voir ma cousine Ida à Bobo-Dioulasso, au Burkina. C’est à-peu-près 14h de trajet, pour ceux qui connaissent la côte vous pouvez vous en faire une idée en vous disant que Niamey est à peu près à la verticale de Cotonou alors que Bobo est à la verticale d’Abidjan. La seule différence est qu’on ne traverse qu’une frontière (Niger -> Faso) alors qu’en longeant la côte c’en sont trois (Bénin -> Togo -> Ghana -> Côte d’Ivoire), ce qui vous rajoute facile 5 heures :-)

Les voyages en car, je commence à être rodé : le paysage est magnifique, avec toujours ces mêmes couleurs qui défilent devant vos yeux :

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Parfois on s’arrête pour faire une pause dans telle ou telle ville (là c’était obligé, poste frontière) :

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Pendant ces escales, on peut tout acheter, surtout ce qui se mange. Et on ne va pas attendre que vous soyez descendu du bus pour vous proposer des fruits ou un mouton entier :

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Bref, le voyage se passe très bien à partir du moment où l’on s’arme de patience et de stoïcisme. Les bagages qui occupent tout l’espace laissé libre par les occupants du car, les douaniers qui nous font attendre légitimement trois quarts d’heure pour examiner une cargaison suscpecte de boîtes de sardines, qui correspondait en fait à une fausse déclaration au poste de douane précédent de la part du gars qui transportait ça (finalement il a dû laisser tous ses cartons sur place, les douaniers ont des sardines pour moult jours), tout ça il faut laisser passer tranquillement. Ah oui, aussi un truc dont je n’ai jusqu’ici pas parlé : la mendicité est extrêmement répandue au Niger : les jeunes élèves des écoles coraniques mendient, poussés par leurs professeurs car leurs parents sont trop pauvres pour payer leur scolarité, et pas mal d’enfants vivent le plus clair de leur temps dans la rue, en mendiant bien sûr. Les vieillards pauvres mendient aussi, et dans la classe d’âge intermédiaire il y a une certaine frange de la population qui mendie aussi. Le Niger est un pays très pauvre, on le savait, mais en plus le manque d’éducation et d’estime de soi pousse certaines personnes à ériger la mendicité en art de vivre, ce qui est assez désagréable. En particulier lors de ces voyages en car, où à chaque halte nous sommes assaillis de mendiants, enfants principalement. Ils peuvent vendre de l’eau réfrigérée ou du “Solani” (ce sont des petites poches contenant du lait caillé légèrement sucré, un peu comme les produits Fan-Milk au Togo), ils ne s’empêcheront pas pour autant de mendier la monnaie qu’ils vous auront rendue, et de se battre presque pour récupérer dans la cohue les pièces que vous leur octroyez éventuellement.

(c’est impressionnant en ce moment le bruit que fait l’armée de moustiques qui vole autour de moi, je suis dans ma salle de cours, il est 18h30 et une coupure d’électricité fait que je suis dans l’obscurité et l’air lourd, clim éteinte.)

Je dois aussi vous parler du temps : l’harmattan est arrivé ici. Il s’agit de vents venant du nord, donc du Sahara, secs et chargés de poussière. J’ai d’ailleurs attrapé une petite angine. C’est frappant de constater comment l’harmattan a réchauffé l’atmosphère : les nuits avaient tendance à se rafraîchir depuis début décembre, et là c’est reparti à la hausse.

(tiens, l’électricité est revenue et les moustiques ont ralenti la fréquence de leur bruit, probablement que la lumière les fait un peu fuir aussi)

Ah oui, avec tout ça je ne vous ai pas parlé du parc du W et de ce qu’on y a vu ! C’était le week-end des 2 et 3 décembre. On y a été avec Issoufou, notre chauffeur Ousmane et les deux amis italiens. Partis le samedi après-midi, on met trois heures de route pour atteindre la Tapoa, entrée nigérienne de ce parc à cheval sur trois pays (Bénin, Faso et Niger). On a dormi la nuit dans un campement au bord du fleuve, très sympa. Le lendemain matin on a vu des singes venir nous saluer à l’orée du campement, et on s’est mis en route pour observer le maximum d’animaux avant de quitter le parc, vers 17h : hippotragues, cobes de Buffon (un genre d’antilopes), pythons, moult très jolis oiseaux bleus, verts ou rouges, des crocos en pagaille et des babouins qui s’abreuvaient dans une mare, mais pas de lion ni d’éléphant. On a vu les traces d’un lion qui marquaient l’emplacement où l’animal avait passé la nuit, mais pas Sa Majesté le lion lui-même. Qu’importe, j’y retourne pour tenter ma chance le 3 janvier prochain. Pour cette fois-ci vous n’aurez pas de photos tout de suite, je maniais l’argentique car mon numérique n’avait plus de batterie, en plus le zoom 300mm je l’ai sur l’argentique et pas le numérique, et c’est quand même pratique pour les animaux…
Bon, point trop n’en faut, assez parlé pour aujourd’hui. Je continue ma vie de globe-trotter et ce week-end je vais à Zinder, à l’est du pays, pour la fête nationale du 18 décembre. Les festivités ont lieu là-bas, la ville (ancienne capitale du royaume) a été liftée à souhait pour les dignitaires qui y passent la semaine ou le week-end. Pour moi le week-end ce sera : demain voyage aller, dimanche et lundi sur place, et mardi voyage retour. J’y vais avec Issoufou, là-bas on sera logés chez un parent. Le voyage c’est 4h30 -> 16h, quand je vous disais que j’étais rodé…

A bientôt !

P.S. Les serveurs de Gmail sont down depuis un moment, donc pas de lecture de mails pour moi depuis ce début d’après-midi et jusque mercredi matin !

Ouplah ! Plus de dix jours sans rien poster ! Désolé, j’étais assez occupé. Je vais réparer ça de ce pas, en vous racontant un peu ce que j’ai fait ces derniers temps.

En attendant voici une composition issue de photos prises lors de l’autre week-end, celui que j’avais passé en partie avec Issoufou chez lui :

(petite musique d’attente)

Hébin zut, faire un gif animé à partir de deux jpeg de 200 ko environ, c’est difficile en moins de 1Mo, et mon blog refuse de me laisser uploader autant (!) d’un coup, donc voilà mon premier gif animé décomposé, c’est nettement moins marrant mais au moins je n’aurai pas écrit le début de cet article pour rien :-P

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Hello,

Ce matin, tout premier cours d’informatique pour les étudiants de première année, dispensé par votre serviteur. J’ai passé la fin de la semaine dernière à bricoler deux ou trois choses pour faire avancer l’état de la salle info.

Zut, je dois encore y aller, le chauffeur klaxonne. Je vous donne une photo de notre hub d’un autre âge, pour que vous ayez une idée des conditions matérielles ici : plein de vieux matos fonctionnel mais pas utilisé.

Je promets un cadeau à celui ou celle qui me trouvera le mode d’emploi de ce hub Bull, notamment l’utilisation des deux potentiomètres de droite :-)

(problème : il ne veut pas me faire de miniature, il faut cliquer ici pour avoir l’image entière)

Ils n’ont pas de site web, mais on peut trouver une description technique assez complète du parc et des espèces que je vais traquer ce week-end, là : http://www.unep-wcmc.org/sites/wh/%27w%27-np.htm

En ce moment je ne chôme pas, et ça ne risque pas de s’arranger dans un futur proche : hier nous avons eu un conseil de département, et nous y avons décidé que la rentrée effective pour les 18 élèves recrutés dans la nouvelle filière “informatique” (on ouvre un L1 cette année) aurait lieu… lundi prochain, 8h :-)

La rentrée officielle de la fac avait lieu le 22 novembre dernier, comme l’indiquait un mot du doyen de l’université affiché quelques jours avant sur les panneaux des différents départements et transmis pour diffusion à l’ORTN, c’est-à-dire la radio-tévé nationale… C’est marrant, le soir après le JT il y a tout un tas d’annonces officielles, c’est un canal de communication non négligeable, le bouche-à-oreille faisant le reste.

Donc rentrée lundi, et la nouvelle intéressante c’est que je vais devoir donner un cours qui n’était pas exactement celui que j’avais prévu, mais qui m’enchante tout de même : on a décidé de donner aux étudiants de L1 info, pour leur premier semestre, deux UE d’informatique, l’une orientée “logiciel” (introduction à l’informatique et à l’algorithmique impérative) et l’autre un peu plus “matérielle” (introduction à l’architecture des ordinateurs et des systèmes d’exploitation). Je vais avoir la joie (ceux qui me connaissent savent que je suis sincère, là) de donner le deuxième cours, mais je vais aussi participer assez largement à l’élaboration du premier, et des TP. J’en profite pour dire que si des gens à Rennes lisent ce blog et disposent d’une version électronique des cours d’archi de premier niveau, ça m’intéresse ;-)

Donc maintenant je dois vous laisser : on a deux jours pour préparer un semblant de salle informatique, celle qu’on utilisera pour les TP. Pour le moment il s’agit d’un débarras hétéroclitique (néologisme?) où l’on trouve quelques ordis hétérogènes. Le jeu pour moi aujourd’hui va consister à dépoussiérer, déterminer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et faire le bilan pour qu’on achète en vitesse câbles et onduleurs (je vous parlerai une autre fois de la joie quotidienne ou presque des coupures de courant) pour espérer avoir une salle semi-opérationnelle lundi…

Et, cerise sur le gâteau, on fait le parc du W ce week-end, les Italiens et moi, donc hors de question qu’on compte sur moi à la fac pour bosser samedi :-)

Salut tout le monde !

Fabrizio Broglia et Francesca Acquistapace, sa compagne, sont bien arivés vendredi dernier. Ils sont ici pour trois semaines et donnent un cours de géométrie différentielle. Samedi on s’est donc occupés de régler deux ou trois choses informatiques (mails distants, etc). Et mon week-end a duré deux jours : dimanche et lundi.

Dimanche j’ai passé la journée avec Issoufou, notre ancien gardien de nuit à la case de passage (son contrat prenait fin en fin de semaine dernière). On est allés chez lui, un village à quelques kilomètres de Niamey en descendant le fleuve. En arrivant on a été d’abord accueillis par la vache du consul du Niger au Burkina, dont son cousin a la charge. Elle est très belle et pas farouche, comme vous pouvez voir :

cornue pas farouche une bien belle vache

Donc super sympa, cette bonne grosse qui est déjà vieille et respectée au sein du troupeau, car elle a mis bas déjà pas mal de monde… Big up, la vache. On n’a pas ça en France, ces belles espèces à cornes.

Ensuite on a continué et fait un peu de pirogue sur le fleuve, histoire d’observer deux ou trois hérons qui s’envolent à notre approche, de jolis oiseaux et des passeurs avec leur pirogue chargée de bois, de fourrage ou de clients.

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Le fleuve c’est très joli, avec tout plein de nénuphars, alors je prends des photos :

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Ensuite on est allés chez lui, au village. Là je suis tombé nez-à-nez avec une petite chèvre toute mignonne qui a atterri dans mes bras. Au bout d’un moment, elle a voulu partir :

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La famille d’Issoufou est peul. Comme tous les peuls, ils sont très attachés à leur troupeau, et c’est assez agréable de vivre au milieu des bêtes, dans le village tout le monde déambule tranquillement, en bonne entente : ovins, bovins, humains, animaux de basse-cour, etc. Ca m’a permis de prendre la jolie photo qui suit (au fond c’est Erin, missionnaire américaine qui parle parfaitement le haoussa, en plus du français, de l’anglais, de l’espagnol et de l’italien).
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La journée ne s’est pas terminée là, après j’ai fait du cheval et deux ou trois autres choses, mais comme là je dois y aller je vous raconterai ça une autre fois.

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