Salut tout le monde !
Je poste un peu de mes nouvelles après cette longue absence. Si je n’étais pas très bavard c’est parce que j’ai eu un emploi du temps très chargé, notamment avec mon cours “Introduction à l’architecture des ordinateurs et des systèmes d’exploitation”, que je donne à des élèves de première année dont la plupart n’a pas la moindre idée de ce qu’est un ordinateur. Quelques-uns en avaient déjà utilisé un avant, occasionnellement (cybercafé), c’est dire à quel point je prêche dans un océan de virginité.
En ce moment même mes chers étudiants (ils sont 16 en tout, aujourd’hui 14 dont quatre filles - 3 voilées strictement et une qui ne l’est pas) sont devant moi, en train de plancher sur un exo simple : schéma de l’additionneur 1 bit avec 5 portes logiques. Bon, je n’écris pas tout mon article pendant mon cours, c’est seulement ce paragraphe, hein
Bon alors récapitulons : je vous avais laissé au début de mon cours (rentrée des L1 info, le 4 décembre dernier). La semaine s’est passée à travailler avec eux. Ce n’est qu’à la fin de la semaine que, dans ma salle de cours qui est aussi un cimetière d’ordinateurs, j’ai montré aux étudiants ce qu’on pouvait faire avec un ordinateur : naviguer sur Internet et faire du traitement de texte, par exemple. Mais c’était un bref intermède avant de ré-enchaîner, cette semaine, avec un cours de premier niveau d’architecture, fonctions booléennes et compagnie. Alors ils en ont redemandé et on a fait un mini-TP “manipulation de la souris” ce mercredi soir. Je dis ça et ça me fait rire, mais ce n’est pas loin de la réalité : j’ai constaté que la fille qui manipulait mon portable, connecté au vidéoprojecteur, était dans un état de découverte totale du clavier et de la souris.
Bref…
Le week-end précédent a été long, je suis allé voir ma cousine Ida à Bobo-Dioulasso, au Burkina. C’est à-peu-près 14h de trajet, pour ceux qui connaissent la côte vous pouvez vous en faire une idée en vous disant que Niamey est à peu près à la verticale de Cotonou alors que Bobo est à la verticale d’Abidjan. La seule différence est qu’on ne traverse qu’une frontière (Niger -> Faso) alors qu’en longeant la côte c’en sont trois (Bénin -> Togo -> Ghana -> Côte d’Ivoire), ce qui vous rajoute facile 5 heures
Les voyages en car, je commence à être rodé : le paysage est magnifique, avec toujours ces mêmes couleurs qui défilent devant vos yeux :
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Parfois on s’arrête pour faire une pause dans telle ou telle ville (là c’était obligé, poste frontière) :

Pendant ces escales, on peut tout acheter, surtout ce qui se mange. Et on ne va pas attendre que vous soyez descendu du bus pour vous proposer des fruits ou un mouton entier :

Bref, le voyage se passe très bien à partir du moment où l’on s’arme de patience et de stoïcisme. Les bagages qui occupent tout l’espace laissé libre par les occupants du car, les douaniers qui nous font attendre légitimement trois quarts d’heure pour examiner une cargaison suscpecte de boîtes de sardines, qui correspondait en fait à une fausse déclaration au poste de douane précédent de la part du gars qui transportait ça (finalement il a dû laisser tous ses cartons sur place, les douaniers ont des sardines pour moult jours), tout ça il faut laisser passer tranquillement. Ah oui, aussi un truc dont je n’ai jusqu’ici pas parlé : la mendicité est extrêmement répandue au Niger : les jeunes élèves des écoles coraniques mendient, poussés par leurs professeurs car leurs parents sont trop pauvres pour payer leur scolarité, et pas mal d’enfants vivent le plus clair de leur temps dans la rue, en mendiant bien sûr. Les vieillards pauvres mendient aussi, et dans la classe d’âge intermédiaire il y a une certaine frange de la population qui mendie aussi. Le Niger est un pays très pauvre, on le savait, mais en plus le manque d’éducation et d’estime de soi pousse certaines personnes à ériger la mendicité en art de vivre, ce qui est assez désagréable. En particulier lors de ces voyages en car, où à chaque halte nous sommes assaillis de mendiants, enfants principalement. Ils peuvent vendre de l’eau réfrigérée ou du “Solani” (ce sont des petites poches contenant du lait caillé légèrement sucré, un peu comme les produits Fan-Milk au Togo), ils ne s’empêcheront pas pour autant de mendier la monnaie qu’ils vous auront rendue, et de se battre presque pour récupérer dans la cohue les pièces que vous leur octroyez éventuellement.
(c’est impressionnant en ce moment le bruit que fait l’armée de moustiques qui vole autour de moi, je suis dans ma salle de cours, il est 18h30 et une coupure d’électricité fait que je suis dans l’obscurité et l’air lourd, clim éteinte.)
Je dois aussi vous parler du temps : l’harmattan est arrivé ici. Il s’agit de vents venant du nord, donc du Sahara, secs et chargés de poussière. J’ai d’ailleurs attrapé une petite angine. C’est frappant de constater comment l’harmattan a réchauffé l’atmosphère : les nuits avaient tendance à se rafraîchir depuis début décembre, et là c’est reparti à la hausse.
(tiens, l’électricité est revenue et les moustiques ont ralenti la fréquence de leur bruit, probablement que la lumière les fait un peu fuir aussi)
Ah oui, avec tout ça je ne vous ai pas parlé du parc du W et de ce qu’on y a vu ! C’était le week-end des 2 et 3 décembre. On y a été avec Issoufou, notre chauffeur Ousmane et les deux amis italiens. Partis le samedi après-midi, on met trois heures de route pour atteindre la Tapoa, entrée nigérienne de ce parc à cheval sur trois pays (Bénin, Faso et Niger). On a dormi la nuit dans un campement au bord du fleuve, très sympa. Le lendemain matin on a vu des singes venir nous saluer à l’orée du campement, et on s’est mis en route pour observer le maximum d’animaux avant de quitter le parc, vers 17h : hippotragues, cobes de Buffon (un genre d’antilopes), pythons, moult très jolis oiseaux bleus, verts ou rouges, des crocos en pagaille et des babouins qui s’abreuvaient dans une mare, mais pas de lion ni d’éléphant. On a vu les traces d’un lion qui marquaient l’emplacement où l’animal avait passé la nuit, mais pas Sa Majesté le lion lui-même. Qu’importe, j’y retourne pour tenter ma chance le 3 janvier prochain. Pour cette fois-ci vous n’aurez pas de photos tout de suite, je maniais l’argentique car mon numérique n’avait plus de batterie, en plus le zoom 300mm je l’ai sur l’argentique et pas le numérique, et c’est quand même pratique pour les animaux…
Bon, point trop n’en faut, assez parlé pour aujourd’hui. Je continue ma vie de globe-trotter et ce week-end je vais à Zinder, à l’est du pays, pour la fête nationale du 18 décembre. Les festivités ont lieu là-bas, la ville (ancienne capitale du royaume) a été liftée à souhait pour les dignitaires qui y passent la semaine ou le week-end. Pour moi le week-end ce sera : demain voyage aller, dimanche et lundi sur place, et mardi voyage retour. J’y vais avec Issoufou, là-bas on sera logés chez un parent. Le voyage c’est 4h30 -> 16h, quand je vous disais que j’étais rodé…
A bientôt !
P.S. Les serveurs de Gmail sont down depuis un moment, donc pas de lecture de mails pour moi depuis ce début d’après-midi et jusque mercredi matin !